J’irai me baigner nu au creux des cressonnières


Près de vous, j’ai fait ce rêve. Le sang aux tempes
Quand mes brûlants espoirs soufflaient en tramontanes
Le soir avait baissé, ce fût aux lueurs des lampes
Que se redessinaient les lignes des campagnes

Je gravissais les dunes bombées de sable fin
Dévalais étourdi au creux de leur vallon
Elles se donnaient fébriles aux glissements de mes mains
Et j’écoutais les chants de leurs frais abandons

Je me laissais couler dans la tendre harmonique
Mon corps y répondant par de fiévreuses ondes
Soumis à la nature des rythmes volcaniques
Je descendais la plaine plus ferme et plus féconde

Un silence planait dessus les cressonnières
Je glissais dans la source en plus simple tenue
Me grisant des parfums et des douces colères
Que m’avait réservée la terre, sans retenue

J’ai perçu le frisson de vos paupières closes
J’ai perçu votre trouble au dessous des dentelles
Et je me pris à croire au vue de vos joues roses
Que vous rêviez ce soir d’être une terre nouvelle …

…. Où soufflent mes désirs


©artouche
le 19 février 2007

J’aime à venir marcher sur cette plage






J’aime à venir marcher sur cette plage


Aux heures du crépuscule quand les vagues sont d’or
Entre les lames de bronze, les lignes de ton corps
Prises entre jour et nuit dans la courte seconde
J’ai vu s’ouvrir les portes féeriques d’un monde


Tu te montres sirène, naïve et impudique
Me délivre un baiser dans cet échange unique
Je me grise du sel déposé sur mes lèvres
Et plonge dans ton onde, l’âme abîmée de fièvre


J’ai pu toucher des doigts le cristal des grands fonds
Connu l’apesanteur lente des descentes en passion
Boire l'air par ta bouche noyé dans tes cheveux
Exister par ta peau, vu l'amour par tes yeux


Je garde toujours en moi cette empreinte des sens
Du baiser qui rend vie et bouleverse l'innocence

Je suis venu encore marcher sur cette plage
Dans ce rêve insensé de revoir ton image



©artouche
Le 14 mars 2006